Instagram peut être un canal pédagogique : expliquer une démarche, présenter une ressource ou relayer une recommandation de santé publique. Mais communiquer comme professionnel de santé n’est pas la même chose que promouvoir un produit. Le fond, le ton et les images comptent autant que le format.
Commencer par une intention utile au public
Avant de créer un post, demandez-vous ce que le lecteur pourra mieux comprendre après l’avoir vu. Une publication sur le verrouillage d’un ordinateur au cabinet, la double authentification ou une démarche de prévention offre un objectif concret.
Évitez les promesses (« résultats garantis »), les comparaisons avec des confrères, les titres alarmistes et les conseils personnalisés sans évaluation. Le contenu éducatif doit être proportionné et scientifiquement étayé.
Vérifier le cadre déontologique de votre profession
Les règles ne sont pas identiques pour un médecin, un masseur-kinésithérapeute, un infirmier ou un pharmacien. Consultez les textes et recommandations de votre ordre ou autorité compétente avant de publier. Pour les kinésithérapeutes, l’Ordre rappelle notamment les exigences de loyauté, de mesure, de données scientifiquement confirmées et de respect de l’anonymat des patients.
Pour les médecins, le code de déontologie prévoit une communication honnête, non trompeuse, sans témoignages de tiers ni comparaisons inappropriées. Vérifiez les règles actualisées applicables à votre activité et à votre situation.
Les images de patients : prudence maximale
Ne partez pas du principe qu’une image est réutilisable parce qu’un visage est flouté. Un tatouage, un lieu, la voix, une date ou une situation rare peuvent permettre d’identifier la personne.
Pour les publications pédagogiques, préférez des schémas, illustrations libres de droits ou scènes entièrement fictives. Si une image réelle de patient est envisagée, un cadre strict de confidentialité, de droit à l’image et de déontologie s’impose ; pour les kinésithérapeutes, l’Ordre évoque notamment l’accord écrit du patient. Un consentement à l’image ne règle pas à lui seul tous les enjeux de protection des données.
Un format simple : situation, explication, action
Situation. Une question courante : « Pourquoi ne pas transmettre un bilan par une messagerie personnelle ? »
Explication. Présentez la différence entre échange informel et canal sécurisé, sans parler d’un cas réel.
Action. Orientez vers un guide de l’Agence du Numérique en Santé ou une ressource adaptée.
Terminez par un appel à l’action utile : consulter une source, essayer un réglage de sécurité ou demander conseil à l’équipe. Vous n’avez pas besoin d’un « hook » sensationnaliste pour intéresser les soignants.
La checklist avant de publier
Relisez le texte comme si vous étiez patient ou confrère : le message est-il exact, proportionné, compréhensible et non publicitaire ? Les images et les mentions respectent-elles la confidentialité ? La source primaire est-elle identifiable et récente ? Un lecteur pourrait-il croire qu’il s’agit d’un avis personnalisé ?
Ajoutez votre identité professionnelle de manière conforme aux règles de votre profession, et corrigez rapidement toute publication qui contiendrait une erreur.
Mesurer la qualité autrement que par les vues
Les statistiques de portée ne mesurent ni l’exactitude ni l’impact sanitaire. Regardez aussi les questions réellement posées, les ressources consultées et les corrections demandées. Une publication vue par peu de personnes peut être utile si elle répond clairement à un besoin.
Fixez une cadence tenable : mieux vaut une publication vérifiée par semaine que de multiplier des conseils impossibles à relire.
Un exemple de publication en trois écrans
Écran 1 — Accroche utile : « Un écran non verrouillé, c’est un risque pour les données patients. » La formulation décrit un problème concret sans chercher à effrayer.
Écran 2 — Explication : « Au cabinet, les personnes présentes ne doivent pas pouvoir voir le dossier d’une autre personne. Un verrouillage rapide limite les accès accidentels. » Une illustration fictive d’ordinateur suffit ; nul besoin de montrer un véritable dossier.
Écran 3 — Action : « Sur Windows, essayez Windows + L avant de vous éloigner de votre poste. Pour aller plus loin : les recommandations de la CNIL. » La légende peut renvoyer vers une source officielle et préciser que d’autres réglages sont nécessaires pour une sécurité complète.
Cette méthode peut être déclinée en Reel ou en carrousel. Le message reste le même : une idée, une explication, une action.
Comment relire sa légende avant publication ?
Supprimez les formules qui suggèrent un diagnostic à distance ou promettent une efficacité certaine. Évitez aussi les hashtags ou formulations qui laissent croire à une recommandation officielle lorsque ce n’est pas le cas. Si une technique de soin est évoquée, le niveau de preuve doit être décrit avec précision.
Relisez les commentaires possibles : la publication risque-t-elle d’amener des personnes à partager des informations médicales personnelles sous le post ? Invitez plutôt à consulter un professionnel approprié pour toute question individuelle et évitez de recueillir des données de santé dans des messages directs non adaptés.
Enfin, gardez une copie de la publication, la source utilisée et sa date de vérification. Une correction transparente sera plus crédible qu’une suppression silencieuse.
Sources et ressources de référence
Ces références officielles permettent de vérifier ou d’approfondir les points présentés.
