Ce que vous saurez faire
Appliquer la méthode PUBLIC, résoudre des situations typiques au cabinet, identifier les précautions indispensables et utiliser une checklist de vérification avant de passer à l’action. Tous les scénarios présentés sont fictifs.
Sommaire du guide
- 1. Informer le public sans transformer les soins en publicité
- 2. Mémoriser le contrôle éditorial avec P.U.B.L.I.C.
- 3. Choisir le bon canal pour le bon objectif
- 4. Cas pratique n° 1 — Annoncer un atelier de prévention
- 5. Cas pratique n° 2 — Créer une publication pédagogique avec l'IA
- 6. Images, témoignages et confidentialité : les erreurs les plus fréquentes
- 7. Gérer les commentaires et messages privés
- 8. Créer un calendrier éditorial réaliste sur un mois
- 9. Les indicateurs à suivre sans espionner les visiteurs
- 10. Atelier PUBLIC — Rédiger et corriger une publication (25 minutes)
- 11. Quiz et corrections
- 12. Checklist à imprimer
- Sources institutionnelles
1. Informer le public sans transformer les soins en publicité
La communication professionnelle peut rendre un cabinet plus accessible : présenter les horaires, expliquer les modalités de prise de rendez-vous, annoncer une action collective ou diffuser une information générale de prévention. Elle ne doit pas promettre un résultat clinique ni contourner le secret professionnel.
Les règles déontologiques varient selon les professions. Les exemples de ce guide sont généraux ; médecins, kinésithérapeutes, infirmiers et autres soignants doivent vérifier les règles qui les concernent. À titre d'exemple, l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes propose des recommandations spécifiques pour les sites Internet et les réseaux sociaux.
Scénario fictif : un cabinet souhaite annoncer un atelier collectif de sensibilisation à la prévention des chutes et améliorer la visibilité des informations pratiques. Il ne publiera ni résultat promis ni histoire d'un patient réel.
2. Mémoriser le contrôle éditorial avec P.U.B.L.I.C.
Avant de cliquer sur « Publier », appliquez la méthode PUBLIC :
| Lettre | Principe | Question de validation |
|---|---|---|
| P — Public | Définir le public visé | À qui s’adresse ce contenu ? |
| U — Utilité | Apporter une information concrète | Que peut faire le lecteur avec cette information ? |
| B — Base factuelle | Appuyer les affirmations sur des éléments contrôlés | Quels faits et quelles sources avons-nous vérifiés ? |
| L — Limites déontologiques | Respecter la réglementation et la confidentialité | Le message est-il loyal, sans promesse trompeuse ? |
| I — Illustration autorisée | Utiliser des visuels dont les droits sont vérifiés | Les personnes et les images peuvent-elles être publiées ? |
| C — Contrôle final | Relire et valider | Qui vérifie et assume le message ? |
PUBLIC est un repère pédagogique, non un label officiel de conformité ou de déontologie.
3. Choisir le bon canal pour le bon objectif
Site Internet : canal de référence pour les informations durables (accès, présentation de l'équipe, coordonnées, ressources fiables). Réseaux sociaux : utiles pour diffuser une information ponctuelle ou signaler une nouvelle page, mais moins adaptés aux échanges individuels confidentiels. Courriel professionnel : pertinent pour certains échanges, sous réserve de leurs contenus et des canaux sécurisés appropriés.
| Objectif | Canal conseillé | Précaution |
|---|---|---|
| Expliquer les horaires | Site du cabinet | Mettre à jour dès que les horaires changent |
| Annoncer un atelier collectif | Site + éventuellement réseaux sociaux | Informations exactes, sans promesse de soins |
| Répondre à une question de santé individuelle | Canal professionnel adapté | Ne pas demander de données médicales en commentaires publics |
| Partager une recommandation générale | Page pédagogique sourcée | Vérifier la date et la portée du document cité |
Principe : une publication sur un réseau social doit idéalement renvoyer vers une page claire et à jour de votre site, plutôt que devenir la seule source d'information.
4. Cas pratique n° 1 — Annoncer un atelier de prévention
Données fictives : une action collective d'information est envisagée. La date, le lieu et les inscriptions ne sont pas encore finalisés.
Texte à éviter : « Notre atelier supprime le risque de chute et garantit une meilleure autonomie en quatre séances ». Cette formulation promet un résultat qui ne peut pas être garanti.
Version professionnelle à adapter :
Prévention des chutes : parlons-en !
Le cabinet prépare un temps d'information ouvert aux personnes âgées et à leurs proches. Au programme : comprendre les facteurs de risque courants, découvrir des pistes de prévention et savoir à qui s'adresser.
Date : [À CONFIRMER] · Lieu : [À CONFIRMER] · Contact : [À COMPLÉTER].
Cette rencontre propose une information générale et ne remplace pas une évaluation individualisée par un professionnel de santé.
Avant publication : vérifier que l'événement existe, que les informations pratiques sont exactes, que les formulations de prévention sont étayées et que l'image utilisée ne permet pas d'identifier une personne sans autorisation adaptée.
5. Cas pratique n° 2 — Créer une publication pédagogique avec l'IA
L'IA peut aider à reformuler des informations publiques et non personnelles. Elle ne doit pas servir à générer des témoignages inventés présentés comme réels, des comparaisons trompeuses ou des promesses thérapeutiques.
Tu es rédacteur de contenus pédagogiques pour un cabinet de santé en France. À partir de ces trois idées générales et non confidentielles — [idée 1], [idée 2], [idée 3] — propose une publication de 100 à 130 mots destinée au grand public. Ton accessible, sans diagnostic personnalisé, sans témoignage, sans comparaison entre praticiens et sans promesse de résultat. Signale les affirmations scientifiques ou réglementaires qui demandent une source. Propose un titre court et un texte alternatif descriptif pour une illustration.
Étape humaine indispensable : comparez les affirmations aux sources, relisez les conditions de communication propres à votre profession et adaptez les coordonnées et les informations pratiques.
6. Images, témoignages et confidentialité : les erreurs les plus fréquentes
Photographie prise dans une salle d'attente : même si le sujet principal est un objet ou une affiche, un visage en arrière-plan, un écran nominatif ou une feuille de rendez-vous peut rendre une personne identifiable.
Témoignage : la disponibilité d'un accord ne suffit pas toujours à autoriser une pratique déontologiquement interdite ou problématique. Vérifiez les règles de votre profession avant de publier des avis, photos avant/après ou témoignages.
Histoire « anonymisée » : supprimer le prénom ne garantit pas l'anonymat si le récit contient une date, un lieu et un événement rare permettant d'identifier la personne.
Meilleure pratique pour une illustration : privilégiez des visuels réalisés pour l'information, des pictogrammes ou des situations entièrement fictives, sans vrais dossiers médicaux ni éléments cliniques individualisés.
7. Gérer les commentaires et messages privés
Un réseau social est un espace inadéquat pour recevoir des éléments cliniques détaillés. Préparez un message de réponse générique, sans collecter davantage de données dans les commentaires :
Merci pour votre message. Pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons pas discuter d'une situation personnelle de santé ici. Pour toute question concernant votre prise en charge, merci d'utiliser le canal habituel du cabinet ou de contacter un professionnel de santé approprié. En cas d'urgence, contactez les services d'urgence compétents.
Procédure d'équipe : désigner qui lit les messages, à quelle fréquence, selon quelles règles de modération et à partir de quel moment la discussion doit quitter le réseau social. Ne promettez pas une réponse immédiate si personne n'assure cette permanence.
À anticiper : un commentaire mentionne l'identité ou la santé d'un tiers. Votre procédure doit définir qui le modère rapidement et comment l'incident est documenté sans diffusion supplémentaire.
8. Créer un calendrier éditorial réaliste sur un mois
Exemple de planning, à adapter à la disponibilité réelle de l'équipe :
| Semaine | Sujet | Format | Validation |
|---|---|---|---|
| 1 | Présenter les informations pratiques du cabinet | Page web | Coordonnées et horaires |
| 2 | Expliquer une démarche générale de prévention | Article court | Sources scientifiques |
| 3 | Annoncer une action collective | Affiche + lien vers site | Événement réellement confirmé |
| 4 | Faire connaître une ressource institutionnelle | Publication avec lien | Source et date |
Mesure utile : un calendrier réaliste vaut mieux qu'une publication quotidienne rapidement abandonnée. Choisissez des sujets qui rendent service, pas seulement des contenus censés « faire de l'engagement ».
9. Les indicateurs à suivre sans espionner les visiteurs
Comptez les consultations des pages publiques, les liens les plus empruntés et les questions générales récurrentes, lorsque ces statistiques sont disponibles dans un cadre respectueux de la vie privée. Ne cherchez pas à reconstruire des profils individuels de patients.
Pour chaque publication, demandez : était-elle exacte ? claire ? utile ? a-t-elle généré des demandes appropriées ? Ces critères sont plus pertinents qu'une simple course aux « likes ».
Attention aux statistiques : les chiffres d'audience dépendent des réglages de mesure et ne doivent pas être interprétés comme le nombre certain de personnes distinctes.
10. Atelier PUBLIC — Rédiger et corriger une publication (25 minutes)
Brief fictif : annoncer une rencontre d'information sur l'activité physique auprès d'un public adulte.
- 5 min : rédigez un brouillon de 100 mots sans nom, image ni histoire de patient.
- 5 min : repassez chaque lettre de PUBLIC en équipe.
- 5 min : vérifiez les faits scientifiques, les conditions de communication de la profession et les informations pratiques.
- 5 min : créez une image neutre et un texte alternatif décrivant son contenu.
- 5 min : préparez une réponse type aux commentaires sensibles et choisissez le validateur final.
Livrable : une publication prête à relire, non un contenu publié automatiquement.
11. Quiz et corrections
Question 1. Une personne explique ses symptômes en commentaire public. Faut-il demander plus de détails ?
Non. Invitez-la à utiliser un canal approprié, sans conduire un échange médical individuel en public.
Question 2. Un outil d'IA propose un témoignage inventé au nom d'un patient : peut-on le publier ?
Non. Ne présentez jamais un témoignage fictif comme réel ; vérifiez également les restrictions déontologiques applicables aux témoignages.
Question 3. Quel mot sert à contrôler la pertinence, l'utilité, la bonne foi, la confidentialité, les sources et la relecture ?
PUBLIC.
12. Checklist à imprimer
- La publication répond à une question réelle du public.
- Le message est simple, loyal et non trompeur.
- Aucune donnée de patient n'est identifiable.
- Les photos, témoignages et autres visuels ont fait l'objet des contrôles nécessaires.
- Les recommandations citées sont sourcées et à jour.
- Les règles déontologiques de la profession ont été vérifiées.
- Les coordonnées, dates et liens fonctionnent.
- Une personne responsable a validé le contenu avant diffusion.
Sources institutionnelles
Les méthodes mnémotechniques, cas et modèles de ce guide sont des créations pédagogiques du Cabinet 4.0. Les références ci-dessous permettent de vérifier le cadre général, qui peut évoluer. Elles ne remplacent pas les règles applicables à chaque profession.
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes — Communiquer sur mon activité
- Code de déontologie des MK — Article R. 4321-67-1
- CNIL — Guide de sécurité des données
Dernière révision éditoriale : 19 octobre 2026. À recontrôler avant réutilisation pour des obligations réglementaires.

